Réglementation
Traçabilité d’un véhicule d’occasion chez un professionnel : livre de police, documents, historique
Par AutoStrix6 min de lecture
En bref : la traçabilité d’un véhicule d’occasion chez un professionnel repose sur trois piliers : le livre de police, obligatoire, qui enregistre chaque achat et chaque revente ; les documents d’achat, de préparation et de vente ; et l’historique du véhicule. Bien tenus, ils protègent le négociant en cas de contrôle, de litige ou de véhicule volé.
Que veut dire « traçabilité » pour un véhicule d’occasion ?
La traçabilité, c’est pouvoir répondre à tout moment à trois questions sur un véhicule : d’où vient-il, qu’en avez-vous fait, à qui l’avez-vous vendu ? Chaque réponse doit s’appuyer sur une trace écrite et datée.
Pour un professionnel, ce n’est pas qu’une bonne pratique. Une partie de cette traçabilité est imposée par la loi, l’autre est votre meilleure défense en cas de litige avec un client.
Elle sert dans trois situations concrètes : un contrôle des forces de l’ordre ou de l’administration, qui peuvent demander à consulter le registre ; une réclamation d’un client après la vente ; et la découverte qu’un véhicule acheté était volé ou gagé, où vos pièces prouvent votre bonne foi.
Le livre de police est-il obligatoire ?
Oui. Tout professionnel qui achète des objets d’occasion pour les revendre, véhicules compris, doit tenir un registre des objets mobiliers, appelé couramment livre de police. L’obligation figure à l’article 321-7 du Code pénal.
Le registre doit être tenu jour par jour. Il décrit chaque véhicule acquis ou détenu en vue de la vente, et permet d’identifier les personnes qui l’ont vendu ou apporté. Avant de démarrer, le professionnel doit aussi faire une déclaration préalable à la préfecture ou sous-préfecture de son établissement principal (article R321-1 du Code pénal).
La fiche officielle Vente de biens d’occasion par des professionnels sur service-public.fr résume les points pratiques :
- Format papier : registre coté et paraphé par le commissaire de police ou, à défaut, par le maire ; inscriptions chaque jour, à l’encre indélébile, sans blanc, rature ni abréviation.
- Format électronique : autorisé, avec des exigences précises (norme ISO 14641-1, enregistrement des consultations).
- Conservation : 5 ans après clôture pour le papier, 10 ans pour les données électroniques.
- Sanctions : 6 mois d’emprisonnement et 30 000 € d’amende pour une personne physique, 150 000 € d’amende pour une personne morale.
Que doit contenir une ligne du livre de police ?
Une ligne par véhicule, avec un numéro d’ordre continu. En pratique, on y retrouve :
- le numéro d’ordre et la date d’entrée ;
- la description du véhicule : marque, modèle, immatriculation, numéro de série (VIN), kilométrage ;
- l’identité du vendeur et la pièce d’identité présentée ;
- le prix d’achat et le mode de règlement ;
- à la sortie : la date et l’identité de l’acheteur.
Les modèles de registre sont fixés par arrêté ; reportez-vous à la fiche service-public.fr pour la liste à jour. Le numéro de police doit pouvoir être retrouvé facilement sur le dossier du véhicule.
Quels documents garder pour chaque véhicule ?
Le livre de police dit qu’un véhicule est entré et sorti. Le dossier du véhicule dit comment. Pour chaque VO, gardez au minimum :
- À l’achat : la carte grise barrée et signée, le certificat de cession, la copie de la pièce d’identité du vendeur, la déclaration d’achat enregistrée dans le SIV (voir notre guide SIV et carte grise).
- Pendant la préparation : les factures de pièces et de main-d’œuvre, le procès-verbal de contrôle technique.
- À la vente : le bon de commande, la facture (avec la bonne mention de TVA), le certificat de cession, la preuve de remise du contrôle technique pour un véhicule de plus de quatre ans.
Ces pièces servent aussi pour la garantie légale de conformité : en cas de réclamation, vous devez pouvoir montrer l’état du véhicule et ce qui a été fait. Voir notre article sur la révision avant vente.
Comment reconstituer l’historique d’un véhicule ?
L’historique combine trois sources :
- Le carnet d’entretien et les factures fournis par le vendeur.
- Le rapport HistoVec : le service public HistoVec du ministère de l’Intérieur permet au titulaire de générer un rapport (immatriculations, changements de titulaire, situation administrative) et de le partager. Demandez-le au vendeur avant d’acheter.
- Vos propres traces : date d’entrée, frais engagés, interventions, prix affichés, offres reçues.
Vérifiez aussi la cohérence du kilométrage entre les factures, les procès-verbaux de contrôle technique et le compteur. Une incohérence doit être éclaircie avant l’achat, notée dans le dossier et signalée à l’acheteur. Un historique propre rassure l’acheteur et justifie votre prix.
Papier ou logiciel : comment s’organiser ?
La règle d’or : un véhicule, un dossier. Tout ce qui le concerne y est rangé, du registre à la facture de vente.
- Scannez les documents dès leur réception, et nommez-les de façon constante.
- Reportez le numéro de police sur le dossier du véhicule.
- Fermez la ligne du registre le jour de la vente, pas en fin de mois.
- Faites une vérification mensuelle : chaque véhicule en stock a-t-il sa ligne au registre ?
Un logiciel de gestion de parc VO évite les trous : la fiche véhicule centralise les documents, les frais et l’historique. Pour le cadre légal complet, voir aussi les obligations légales du professionnel VO.
Et avec AutoStrix ?
Dans AutoStrix, chaque véhicule a sa fiche avec ses documents (carte grise, factures, contrôle technique), ses frais et l’historique des actions. Le livre de police est tenu dans l’outil, relié aux véhicules et aux ventes, et s’édite en PDF. Les documents de vente et les factures sont générés depuis la même fiche. Vérifiez avec votre conseil que votre mode de tenue du registre répond aux exigences rappelées ci-dessus.
L’offre gratuite permet de démarrer avec 5 véhicules par mois ; le détail est sur la page tarifs.
Questions fréquentes
Le livre de police est-il obligatoire pour un vendeur de VO ?
Oui. Tout professionnel qui achète des véhicules d’occasion pour les revendre doit tenir, jour par jour, un registre des objets mobiliers, appelé livre de police (article 321-7 du Code pénal). Il doit aussi déclarer son activité au préalable à la préfecture.
Que risque-t-on sans livre de police ?
Selon service-public.fr, l’absence ou la mauvaise tenue du registre est punie de 6 mois d’emprisonnement et de 30 000 € d’amende pour une personne physique, et de 150 000 € d’amende pour une personne morale.
Le livre de police peut-il être tenu sur ordinateur ?
Oui. Le registre peut être papier (coté et paraphé, rempli chaque jour à l’encre indélébile, sans blanc ni rature) ou électronique. La version électronique doit répondre à des exigences précises, notamment la norme ISO 14641-1 citée par service-public.fr et la traçabilité des consultations.
Combien de temps conserver le livre de police ?
D’après service-public.fr, 5 ans après la clôture pour un registre papier, et 10 ans pour les données d’un registre électronique.
Qu’est-ce que HistoVec ?
HistoVec est le service public du ministère de l’Intérieur qui permet au titulaire d’un véhicule de générer un rapport d’historique (immatriculations, changements de titulaire, situation administrative) et de le partager avec un acheteur.
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